Sucre, ici Sucre !


Il m’était impossible de m’attendre à un tel trajet de bus ! Tout ce que je savais, c’est que nous devions partir aux alentours de 22h00, que nous avions 10h de trajet et que les sièges étaient inclinable. J’avais déjà prévu mon sac de couchage, de quoi grignoter et ma musique.
Et finalement, ce fût très très différents. Ce trajet, je ne suis pas prête de l’oublier et il passe numéro 1 dans mon classement des pires voyages en transport en commun que j’ai pu faire.

Le bus est arrivé avec du retard, mais ça à la rigueur, ce n’est qu’un détail, vraiment. Quand nous l’avons vu arriver, nous avons rapidement entassé nos gros sacs dans la soute avant de sauter dans le bus qui a démarrer aussitôt. Il y a du monde ! Beaucoup de monde ! Je dirais même qu’il n’y a plus de places assises ! Quelle belle surprise, la compagnie a vendue plus de places que de sièges ! C’est alors que nous nous rendons à l’évidence, nous allons passer cette nuit de bus couché… dans le couloir. Les lumières s’éteigne et nous nous retrouvons dans le noir. Je suis encore debout à ce moment là, et j’ai du mal à croire à la situation.

Je m’assoie tant bien que mal, le couloir est très étroit, et finalement j’arrive à m’allonger. Je pense que je n’ai pas besoin de vous préciser à quel point c’était inconfortable ! J’ai les bras replié le long du corps et je ne peux pas me tourner. De temps à autres, un bras ou un pied d’autres passagers m’écrasent, et même à plusieurs reprises, un bébé ! Oui, la dame à ma gauche à « déposé » son bambin parterre dans le couloir, et à moitié sur moi, emballé dans une couverture…

Il y a aussi les odeurs ! Les odeurs de pieds, de pets et une vieille odeur de pipi… Puis également une odeur piquante de ...merde. Et les trous. Les routes Bolivienne contiennent plus de trous (et même des gouffres j’ai envie de dire) que de surfaces planes. Mes dents s’entrechoque à chaque fois, et je vois le bus balancer et s’incliner. Mais bien que cela semble impossible, je m’endors à plusieurs reprises, dans un semi-sommeil très très très léger.

Soudain, vers les 4h du matin, nous nous arrêtons et je me dépêche de me lever pour que les gens ne m’écrasent pas. Je suis le mouvement et je sors du bus, ça fait du bien de se déplier. Mais là, le spectacle est hallucinant ! Imaginé bien : il pleut, il y a la faible lumière d’un lampadaire ou des phares d’un camion, on voit presque en noir et blanc. Et puis toutes les Boliviennes sont là, les unes à côtés des autres, à lever leurs jupes pour faire pipi …. De toutes part, ça pisse ! C’est presque si les uns ne pissent pas sur les pieds des autres. Et puis ça s’essuie avec la couverture et hop ça remonte dans le bus après avoir bien piétiné partout.

Du coup, en remontant, je regarde mon ‘’lit-couloir’’ complètement détrempé d’un mélange dont vous deviné la recette. Mais mieux encore, le bébé semble avoir abandonné sa crotte dans une petite flaque dans le couloir. Je me sent tellement heureuse d’avoir à me rallonger parterre. Et en effet, plus tard dans le trajet, j’ai pu surprendre la maman torcher son bébé derrière moi, et jeter le papier dans le couloir, sans aucunes gênes. C’est toujours dans ces moments là que je ne peux m’empêcher de me demander « mais qu’est-ce que je fou là ? »

Quand le bus arrive à Sucre, c’est la délivrance ! Retrouver un vrai lit est un tel bonheur ! Et puis, surtout, se doucher et mettre la dose de savon ! Et puis faire laver ses affaires dans une laverie ! Bref… effacer toutes les traces de cette nuit si particulière. Mais tout va bien, j’en rigole (presque) déjà !

 Alors que je ne pensais rester qu’une seule nuit à Sucre avant de poursuivre ma route vers Uyuni, j’ai complètement changé mes plans. En effet, en me baladant, j’ai trouvé la ville assez sympathique et puis j’ai décidé de m’inscrire à des cours d’Espagnol. Je vais passer plusieurs mois dans un pays où l’on parle l’Espagnol, plus tard, dans l’année, alors autant fixer de bonnes bases dès maintenant. Du coup, je reste au minimum une semaine à Sucre.

J’ai également eu une réponse positive d’un autre centre de réhabilitation de la faune sauvage, au Pérou, et il va falloir faire des choix, car si j’accepte, je commence dans 12 jours. Autant vous dire qu’il va falloir raccourcir le programme touristique, mais après tout, mon truc c’est les voyages écovolontaires et j’ai toute la vie devant moi pour faire du tourisme !

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