18 et début 19 : Jungle !


Tout raconter, ne rien oublier, ça ne va pas être une mince affaire ! J'ai l'impression de revenir d'une semaine dans la jungle, et pourtant la frustration est là, c'est comme si n'avais, je le sais, que lu le résumé d'un livre. Un livre que maintenant j'aimerais lire page par page, ligne par ligne, mot après mot...

Bon, le point fort, c'est quand même de retrouver un vrai lit, et de pouvoir à nouveau se balader en tongues. Ah, mes flip flop !

Donc, hier, nous sommes partis sur les coups de 13h30 il me semble, en 4x4. Une fois encore, je suis à l'arrière car il n'y a pas assez de places à l'intérieur et que... j'adore ça ! Nous avons roulés presque une heure avant d'atteindre l'entrée de la jungle. A partir de ce moment là, je débute une collection de bleus sur les fesses et dans le dos. Bosses après bosses, rivière après rivière, branches à éviter.... et pourtant nous sommes encore dans le véhicule. Nous nous enfonçons dans la forêt... La végétation est assez remarquable, il y a beaucoup de bambous... des immense bambous ! Je me sent petite, comme une fourmi. Autour de nous, ça sent la bête sauvage à pleins nez et le chemin est balisé d'énormes crottes d'éléphants, plus ou moins fraîches... Après encore une bonne heure dans les broussailles, nous arrivons au campement. C'est moins l'aventure que se que je pensais, nous avons même un toit !

Bref, nous nous installons et nous baladons un peu dans les alentours. Mais pas trop loin, nous sommes avertis par les rangers. Au bout de la clairière, il y a un énorme mirador, un vrai de vrai quoi, comme dans le jeu d'ordi « Forestia » que j'avais quand j'étais petite. Nous y grimpons et là, waouh... j'aime me sentir au milieu de nul part.

Le réseau ? Haha, c'est quoi ça ? Par contre, surprise, nous avons le courant, ainsi que des sanitaires avec douches (enfin, j'attendrais demain vu l'état!), WC (à la turque) et même des miroirs (je ne m'étais plus vu dans un miroir depuis 15 jours ! Oui, parce qu'au sanctuaire, j'ai un miroir mais pas de lumière alors bon ! Le miroir m'as permis de découvrir que, le bouton de moustique que j'ai sur la joue a du s'infecter, c'est qui qui va avoir une superbe cicatrice en pleins dans le visage ? C'est pas beau à voir... Enfin bref.).

Après environ une heure, les guides nous proposent de repartir dans la jungle pour chercher des « vegetables for the dinner »... Ah ouais. Allons-y ! Nous reprenons donc le 4x4 et le chemin défoncé pour nous rendre à la rivière. En chemin, l'un des bénévoles se met soudain à brailler « Stop ! Stop ! Elephant ! » … Eh oui, il fait jour et monsieur à vu le postérieur d'un éléphant, juste avant qu'il disparaisse. Veinard ! A ce moment là, je me dit vraiment que, si ça se trouve, c'était la seule opportunité d'en voir un sauvage. Tant pis …

A la rivière, nous cueillons des espèces de fougères qui (apparemment) se mangent... Enfin, pour dire vrai, les guides cueillent pendant que nous mitraillons la forêt de photo, comme de braves touristes...

Dès notre retour, les guides et les rangers se mettent à la popote pendant que les vrais touristes que nous sommes allons se prélasser dans des hamacs en râlant que le ventre est vide. Une heure plus tard, c'est prêt ! Un vraie festin ! Omelette, riz, salade, les fougères que nous avons cueillis et du poisson. Ce n'est pas ironique, c'est vraiment un vraie festin, très bien cuisiné, je me régale. J'ai juste une certaine réticence avant d'attaquer le poisson, car d'une, il est encore entier, avec les écailles, les yeux, et tout et tout, et puis de deux, il a été acheté dans un mini commerce au bord de la grande route et mis dans un sachet plastique avec trois glaçons pour le reste du trajet. Mais au final, c'est délicieu ! J'ai quand même eu mal au ventre, mais n'était-ce pas un peu psychologique ? De toutes manière, depuis que je suis en Thaïlande, je m'efforce de fermer les yeux sur les conditions d'hygiène en cuisine, sinon c'est simple, je ne mangerais rien.

Après le repas, nous partons de nuit sur le 4x4, armés de nos lampes de poches... L'obscurité nous engloutie. Le ciel est juste magnifique, tellement d'étoiles ! Soudain, j'entends un énorme bruit sur la droite et je préviens les guides. Ils coupent le moteur et là, plus rien. Je me sent bête, pourtant, je suis certaine que je n'ai pas rêvé ! Les secondes passent et le silence règne... Mais, là, juste avant qu'ils redémarrent, les bruits reprennent... C'est un éléphant, obligatoirement ! Les branches craquent, on entends ses pas lourds et pressés ! On ressent toute sa puissance, c'est impressionnant ! Nous ne le verrons pas, il est déjà bien loin maintenant, alors nous continuons.


Nous nous arrêtons plusieurs fois de la même sorte, et 1 minute plus tard, nous repartons. On a du mal à saisir, les guides parlent vraiment fort alors que nous nous efforçons à chuchoter. Et puis, quand on entends les éléphants tout près, à chaque fois ils redémarrent … Pourquoi ? On ne tente pas de voir des éléphants sauvages pourtant ?

A un moment donné, nous descendons du véhicule. Sur la route, il y a des crottes d'éléphanteau, et une flaque de pipi encore toute fraîche. Perso, qui dit éléphanteau dit aussi éléphante qui protège, on remonte dans le 4x4 ? Nous marchons un peu jusqu'à un plan d'eau, et là, nous les entendons barrirent puis partir au fond de la forêt... On est encore passé tout près !

Je discute avec les autres bénévoles qui se demandent, eux aussi, comment il serait possible d’apercevoir le moindre éléphant, vu le bruit que les guides font et leur manque de patience.
Finalement, nous faisons demie tour pour emprunter une nouvelle route. Là, c'est la grande surprise... Nous apercevons deux gros yeux. Non, pas ceux d'un éléphant. Beaucoup plus petit ! Deux billes dorés sous les étoiles.... Une attitude de gros chat ? Oui... pour nous, aucuns doutes, c'est un tigre, ou un fauve semblable ! Nous n'avons pas le temps de confirmer que la voiture redémarre à toutes blindes ! Ah, mais pourquoi ?

20 minutes plus tard, nous freinons pour éviter un porc-épic qui se promène sur la route. La, par contre, nous avons du attendre que les guides souhaitent bien reprendre la route. Ils n'aiment pas les éléphants ou quoi ? Bref...

La voiture roule à toute vitesse depuis un bon moment. Tous le monde est silencieux et songeur. Allons nous voir un éléphant ce soir ? Sincèrement, nous dégageons une forte odeur de scepticisme. Non, plus personne n'y croit vraiment. Et puis, comme à chaque fois quand tu n'y croit plus, le moment magique arrive... Là, sur une demie seconde, nous l’apercevons. Tous en cœur, nous demandons l'arrêt de la voiture. L'éléphante a tenté de se faire passer pour un rocher... mais nous étions tous, finalement, resté très attentif. L'animal est immense, en parfaite santé. Il est à quelques mètres de nous et nous le voyons s'enfoncer dans la forêt pour nous fuir. Une chance du tonnerre. Pour les guides, une observation aussi longue est « rare » (tu m'étonne vu le boucan qu'ils font!).

Après encore une bonne heure de recherche, nous avons finalement rejoint le camp. L'affût à l'Elephant, c'est encore autre chose que l’affût blaireau... mais sur le moment, la magie est la même ! Les frissons, les yeux écarquiller, on en oublie de respirer.

Avant d'aller dormir, nous partageons encore un petit moment au coin du feu. Histoire de faire une dernière rencontre originale : scorpion du soir, bonsoir !

Ce soir là, je dors dans un hamac. C'est une superbe expérience mais un conseil : ne pas associer hamac et sac de couchage en même temps. Je me sent très … saucisse. Ou ver à soie ! Je ne peut pas bouger d'un pouce !

J'avais peur de ne pas bien dormir à cause du froid ou du bruit dans la jungle, mais pas à cause des rangers et des guides qui parlent entre eux comme si nous étions sur la place du marché.

Le matin, quand je vais aux toilettes, je remarque qu'il y a des grosses crottes toutes fraîches d'éléphant juste devant les sanitaires. Si ce n'est pas de la provocation ça ! Il est venu nous rendre visite tout seul, comme un grand, et il nous laisse même un petit mot !

Lors du petit déjeuner, un bénévole, qui à veillé un peu avec les rangers, nous révèlent bien des mystères. Pourquoi les guides parlent toujours fort ? Pourquoi nous ne sommes jamais resté plus de 5 minutes au même endroit quand nous cherchions les éléphants ? Eh bien … tout simplement parce que la jungle est pleine de loups et de tigres.

Dans ma tête de petite française, les loups, ça flippe quand ça voit un humain. Mais ici, ils ont gardés l'ordre naturelle des choses. Loup = prédateur, humain = proie. Les loups attaquent les humains, et les petits villages de bord de jungle connaissent de nombreuse pertes, lorsque les villageois partent chasser en forêt. Alors oui, on parle fort pour dissuader les prédateurs, oui, on allument des feus partout autour du campement, et oui, en pleine nuit on démarre le tracteur le plus bruyant du monde pour effrayer les bêtes qui rôdent trop prêt.

Pour savoir si les prédateurs sont proches, ici, ils ont une technique. Il y a tout un groupe de cervidés qui squat les environs, mais vraiment les environs proches. Pas normal, pas naturel me direz vous ? Non, enfaîte, c'est juste très futé. Au début, j'ai pensé que, en restant près des humains, ils se sentaient sans doute plus à l’abri puisque les hommes tente de dissuader les prédateurs d'approcher. C'est pas tout à fait ça, c'est pire... En réalité, quand les loups approchent, à choisir, ils préfèrent les humains, ça court moins vite ! Alors forcément, si les cervidés se rapprochent, c'est histoire de donner plus de choix au menus des prédateurs. Comme ça, eux, ils ont la paix. Donc, pour les rangers, quand le groupe de cervidé est très proche, c'est que les prédateurs le sont aussi.

Ce matin, nous sommes d'abord aller voir un enclos avec deux énormes vaches sauvages. On les a à peine aperçues, j'ai pas compris l’intérêt de la démarche. Puis, nous sommes partis randonner dans la jungle et ça c'était vraiment cool ! Mais sportif. Lève les pieds, baisse la tête, attention aux épines, passe sous la liane... La jungle quoi ! C'est dingue de marcher ici !

Vers 10h00, nous prenons la route du retour. Je suis à nouveau à l'arrière, mais il y a plus de place et je suis donc allongée dans le véhicule. Moment merveilleux... Le ciel bleu et juste devant, les branches des arbres qui défilent ! C'est beau ! Je rêvasse, bercée par les bossent qui me bleuissent le dos, éblouit par la verdure qui nous entoure. Au bout d'un moment, j'entends un cris qui m'intrigue et là, toujours la tête tournée vers les arbres, je les vois, tous les trois, assis sur leur branche, tout en haut « Stop ! Stop ! Go back, go back ! Monkeys ! ». Pour une fois, les guides réagissent rapidement et je fais profiter mon observation à tous le monde. Ils sont beaux ces trois singes ! La jungle nous réserva des surprises jusqu'au bout !

Et en effet, 20 minutes plus tard, le véhicule s'immobilise encore, et on nous fait signes de tous descendre. Il y a quelques chose à voir, mais quoi ? Surprise ! Des énormes empreintes de tigres ! Et elles ne sont pas vieilles ! C'est à la fois magique, à la fois effrayant, que de se dire que juste ici, quelques heures plus tôt, marchait un tigre libre et sauvage.

Quand nous avons rejoint la 'civilisation', j'ai eu un gros pincement au cœur au moment où nous sommes passés à côté du camp pour éléphants. Les voir là, à attendre, avec leurs énormes chaises sur le dos, alors que la veille au soir je voyais l'un de leurs semblables se balader en pleine nature, c'est déroutant...

Nous avons pris le repas dans un petit restaurant de bord de route. Déjà, je n'avais pas faim, mais alors plus jamais je ne me place en face du coin cuisine. Les poules et les chiens sautent entre les casseroles, les moineaux se posent et picorent dans les pots de stocks alimentaires, et j'en passe ! Le grand moment de bonheur par contre, ce fût le pepsi avec glaçons... Ah, le rêve. Sauf que soudain, entre deux gorgés, le guide à décider qu'il fallait partir.


Cela fait bizarre de rentrer au sanctuaire. Quel bonheur de retrouver les éléphants, ils m'ont manqués. J'ai l'impression d'être partie tellement plus longtemps ! Enfin bref... Cette après midi, je suis en day-off, et ce soir, nous partons à la plage (fausse plage) près de la ville, pour un repas. Je ne comprends pas tout mais je suit le mouvement. Demain soir ce sera la fête pour le départ d'une bénévole et dimanche soir ce sera « market ». C'est dingue comme ça passe vite ici... Je suis déjà dans ma troisième semaine !!!  

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